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Rares sont les voix qui expriment de la compassion pour le président déchu « IBK » qui s’était fait élire en 2013 sur la promesse, jamais tenue, de redresser le Mali...

« Paresseux », « indécis », « faible », sont les qualificatifs qui reviennent dans la bouche des personnes qui ont travaillé avec « IBK ». « Il n’était pas fait pour le job », glisse, cinglant, son ancien ministre de la justice.

A quoi pouvait penser Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », dans le convoi qui allait faire de lui un prisonnier, un président déchu ? Imaginer un dernier coup politique pour sauver son pouvoir, en expliquant aux « jeunes gens » que leur aventure putschiste serait vouée à l’échec ? Essayer à tout prix de préserver l’intégrité de sa femme et de leur fils Karim, devenus au fil de sa présidence les incarnations de la corruption, dénoncée tant par la rue de Bamako que par les partenaires internationaux ? Faire en sorte, comme il l’a indiqué dans sa déclaration de démission diffusée nuitamment par la télévision nationale le mardi 18 août, qu’« aucun sang ne soit versé pour [s]on maintien aux affaires » ?

Comme une boucle qui se ferme, « IBK » a été renversé par une armée qui, huit ans plus tôt, en 2012, avait largement contribué à son accession aux commandes en poussant à la fuite son prédécesseur, Amadou Toumani Touré. Depuis, la déliquescence de l’Etat malien n’a fait que se renforcer.

Comme un mauvais présage, ces derniers mois, la fragilité de son pouvoir semblait avoir marqué ses traits. Son visage, barré d’un masque lors de sa dernière allocution de chef d’Etat, s’était émacié. « Il a été clairement contraint au départ mais je pense que c’est un soulagement pour lui », veut croire l’un de ses proches.

Par Cyril Bensimon Publié le 20 août 2020 à 11h45

Sources: https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/08/20/ibrahim-boubacar-keita-le-president-malien-qui-jouissait-du-pouvoir-sans-l-exercer_6049442_3212.html?fbclid=IwAR1n7djuNdltgDdIl3u-TnSJ69aMNVEktximE07m33o6vcxvV3WDEaWsltU