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Le président ivoirien a annoncé l’amnistie « d’environ 800 personnes » lors d’une allocution télévisée à la veille de la fête de l’indépendance.

Le père Houphoüet Boigny disait : "il n'y a pas de sacrifice trop grand pour la paix". Comme je l'ai déjà dit, nous devons travailler à transférer le pouvoir de manière démocratique à une nouvelle génération en 2020. Alassane Ouattara

A L'occasion de la célébration des 58 ans d'Indépendance de la Côte d'Ivoire ; Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé lundi 6 août l’amnistie d’« environ 800 personnes », dont Simone Gbagbo, épouse de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo, (actuellement en prison), pour favoriser la réconciliation nationale. Elle sera « libérée prochainement », a déclaré le dirigeant dans une allocution télévisée, à la veille de la fête de l’indépendance.

« J’ai procédé ce lundi à la signature d’une ordonnance d’amnistie qui bénéficiera à environ 800 concitoyens poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise post-électorale de 2010 ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011 » (date de la prise effective de pouvoir de M. Ouattara), a déclaré le président sur la télévision nationale, à la veille de la fête de l’Indépendance.

« Environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil, et verront leurs condamnations pénales effacées. Il sera mis fin aux poursuites » contre eux. « Il en sera de même pour les 300 autres personnes détenues qui seront libérées prochainement »,

Parmi celle-ci figurent notament l’ex-première dame (Simone Ehivet Gbagbo), emprisonnée depuis 2015, après une condamnation par la justice ivoirienne à vingt ans de réclusion pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » lors de la crise ayant frappé le pays après le refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

Et d'autres comme Mr Lida kouassi, Assoa Adou, Souleymane Kamaraté dit "Soul to Soul",

«  Il s'agit là d'un acte de clémence de la nation entière envers ses filles et ses fils. J'invite donc tous les bénéficiaires de cette Amnystie, à faire en sorte que leur pays ne revive plus jamais de tels évènements et ne sombre plus jamais dans la violence.

Nous devons tous prendre conscience de faire s'installer de manière définitive, une serie de responsabilité où chaque citoyen doit répondre de ses actes. A tous nos concitoyens, particulièrement ceux qui ont payé un lourd tribulors de ces évènements douloureux, JE LEUR DEMANDE DE BIEN VOULOIR ACCEPTER DE PARDONNER. Je voudrais leur dire, qu'ils continueront de bénéficier d'une attention particulière. Je leur demande aussi de s'inscrire résolument dans la dynamique de la réconciliation nationale. Nous avons une précieuse richesse, commune à préserver, c'est la Côte d'Ivoire, UNE GRANDE NATION BATIE DANS L'EFFORT ET LA DIVERSITE, DANS LE RESPECT DE NOS DIFFERENCES; NOUS AVONS EGALEMENT UNE RESPONSABILITE COLLECTIVE, CELLE DE REALISER L'UNION DE TOUS LES ENFANTS DE NOTRE CHERE PATRIE. L'union est une nécessité pour notre avenir commun, elle est une exigence qui transcende les ambitions et les intérêts individuels, pour ma part, en tant que président de tous les ivoiriens et de toutes les ivoiriennes, je prends l'engagement de devant la nation de consolider cette oeuvre d'union nationale (...) JE SOUHAITE QUE LES PROCHAINES ELECTIONS SOIENT INCLUSIVES ET SANS VIOLENCE ...

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Des poursuites pour « crime contre l’humanité ».

Un autre procès vise encore l’ex-première dame, poursuivit pour « crime contre l’humanité » et de « crime de guerre ». Le 28 mars 2017, Simone Gbagbo avait été acquittée de ces chefs d’accusation par la majorité des jurés de la cour d’assises d’Abidjan – le procureur général avait requis la prison à vie à son encontre – mais la Cour suprême de Côte d’Ivoire a cassé ce jugement à la fin du mois de juillet.

Elle était jugée pour son implication présumée dans des tirs d’obus sur le marché d’Abobo, un quartier d’Abidjan favorable à Alassane Ouattara – rival de Laurent Gbagbo à la présidentielle de 2010 et actuel président de la Côte d’Ivoire - et pour sa participation présumée à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des militaires proches du régime.

Simone Gbagbo n’avait pas été libérée après son acquittement, car elle purgeait déjà, et purge encore, une peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » prononcée en 2015.

Laurent Gbagbo est quant à lui à la Haye depuis 2011 au centre de détention de la Cour pénale internationale où se déroule depuis 2016 son procès pour crimes contre l’humanité, pour des faits remontant à la crise de 2010-2011, qui a fait 3 000 morts.

La question de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, après la décennie de crise politico-militaire des années 2000, était considérée jusqu’à présent par les observateurs comme un point noir du bilan d’Alassane Ouattara. Aujourd'hui, le processus est amorcé.

Sources : LE MONDE Le 06.08.2018 à 23h41 • Mis à jour le 07.08.2018 à 00h22