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La traite des noirs

La traite des noirs est le commerce honteux des esclaves noirs ; qui  a commencé au XVe siècle en Afrique et a duré près de 400 ans. Après la découverte de l’Amérique, il fallait les ouvriers pour travailler dans les plantations. Les espagnols, portugais, anglais, français, et hollandais venaient les chercher sur les côtes africaines.

Des navires appelés négriers [navires négriers] en provenance de l’Europe venaient transporter les esclaves achetés ou troqués sur les côtes africaines en échange des choses de peu de valeur tels que du sel, du cuivre, du vin etc. pour les transporter en Amérique, avant de revenir en Europe ; c’est ce qu’on a appelé le commerce triangulaire.

 

Au Cameroun, la traite a eu lieu dans les villages de la côte actuelle de victoria, surtout autour de l’estuaire du Wouri, (Douala et Bonabéri) où la pratique était intensive. Le prix d’achat d’un esclave n’était pas fixe (8 ou 10 bracelets de cuivre) ; on retrouve encore des spécimens de ces bracelets appelés « Manilhas » au musée camerounais de Douala.

Au XVIIe siècle, un esclave coûtait deux ou trois mesures de vin d’Espagne ou deux poignées de cauris. A la fin du XVIIIe siècle, c'étaient les étoffes, le sel, l’alcool, les armes, qui étaient utilisés comme monnaie d’échange. En général, les esclaves de la rive camerounaise étaient achetés à bas prix parce qu’ils préféraient se donner eux même la mort au lieu d’accepter la servitude.

Il est difficile de se faire une idée précise du nombre d’esclaves vendus sur les côtes camerounaises néanmoins, au XVIe siècle, on pense que les portugais embarquaient environ 500 esclaves par an.

Notre cher pays a souffert terriblement de ce trafic honteux qui a ravagé toute l’Afrique.

Ce sont les chefs traditionnels qui organisaient et contrôlaient ce trafic honteux ; (même si aucun document ne montre de manière formelle leur implication réelle en rapport avec les européens). Une chose certaine est qu'ils ont opposé une forte résistance quand il a été question de l'abolir ; Puisque ce commerce était pour eux une source importante de revenus, au point il a fallu la promesse d’une indemnité pour qu’ils acceptent de l’interdire.

C’est surtout l’Angleterre qui a organisé la lutte contre la traite des esclaves sur le Golfe de Guinée et en particulier sur la côte du Cameroun.

En 1827, les anglais s’installent à Fernando-Poo où ils fondent une colonie sous la conduite du capitain Owens.
Pour lutter efficacement contre la traite, ils vont imposer sa suppression aux chefs de la côte du Cameroun ;
En signant avec eux des traités :

> Le traité du 10 Juin 1840.

Ce traité stipule que les rois Akwa et Bell acceptent ne plus consentir ou permettre à leur peuple de faire la traite des esclaves ; ce, même s’ils voyaient un bateau négrier arriver dans le fleuve, ils en informeront un des croiseurs du gouvernement anglais se trouvant dans le voisinage à condition que ce gouvernement leur donne annuellement le « dash » ; le dash était constitué de 60 fusils, 100 pièces de toile, 2 barils de poudre, 2 tonneaux de rhum, 1 uniforme écarlate avec épaulette, 1 sabre. Ce traité fut signé par king Akwa, king Bell et les témoins anglais.


> Le traité du 7 Mai 1841.

Ce second traité est signé dans le même but entre William Simpson Blount qui commandait le vaisseau anglais « Pluto » et le roi Bell de Bell’s Town ; malgré ces deux traités, la traite des esclaves continua clandestinement.