jury 2012 b-min

Cursus Universitaire et Expériences professionnelles

"Je m'inscris à l'université d'Abidjan en Maîtrise de Philosophie (Maîtrise d'Enseignement) communément appelé là-bas, que j'obtiens à la fin de l'année 1996. L'année d'après, je vais faire un DEA de Philosophie, sous la direction d'un homme absolument remarquable, un homme avec un cœur aussi immense que l'univers, le professeur Augustin Dibi Kouadio qui depuis lors est devenu un ami".

 

Parcours universitaire à l'Université d'Abidjan.

De manière ponctuelle, il nous arrivait de participer à des réunion syndicale étudiant à Abidjan. Les ivoiriens ont ce panafricanisme concret. Nous avions le droit de nous exprimer dans les réunions syndicales de l'université ivoirienne, dans la mesure où nous étions étudiants.

A cette époque, on parle du concept de l'Ivoirité, êtes-vous conscient que ce concept là va entraîner le pays dans une dérive?

Je peux vous dire que j'ai assisté à la déchirure de la Côte d'Ivoire, au cœur de l'Université Ivoirienne. Ce qui s'est passé, au niveau de la Côte d'Ivoire par anticipation, s'est passé à l'intérieur du mouvement syndical ivoirien de l'université d'Abidjan.

Si vous voulez comprendre ce qui a opposé , Alassane Ouattara, Guillaume Soro, Henri Konan Bédié d'un côté, à Laurent Gbagbo et ses proches de l'autre côté, lors de la dernière crise électorale ivoirienne, il vous faut revenir aux conditions de la guerre successorale après Félix Houphouët Boigny.

Quand j'arrive en Côte d'Ivoire, la question qui se pose est celle de savoir si après Houphouët Boigny, il est acceptable que dans ce pays, le pouvoir d’État s'exerce encore par un "leg", par Héritage. Est-ce que la Côte d'Ivoire n'est pas suffisamment mûre pour que la prise du pouvoir d’État soit légalement mis en jeu dans une élection ouverte, transparente, qui permettrait aux ivoiriens d'être dirigés non pas par un "fils de..." mais par un élu du peuple..

Henri Konan Bédié, héritier putatif de Félix Houphouët Boigny, pense y avoir répondu dès 1995, puisqu'il affirme alors que son rival naturel, l'ancien 1er ministre d'Houphouet Boigny, n'est pas Ivoirien, et donc que, Alassane Ouattara, ne mérite pas de compétir à l'élection présidentielle de 1995, pour nationalité douteuse. il affirme à l'époque dans un livre "les chemins de ma vie", qu'à sa connaissance, le père d'Alassane Ouattara à l'époque est voltaïque (ancienne Haute-Volta). Hors Alassane Ouattara à l'époque représente ce que la côte d'Ivoire a à cette époque là a d'absolument innovant. Il est technocrate, il a réussi à redresser les comptes d'un État qui risquait la faillite, l’État de la Côte d'Ivoire en 3 ans, il est ensuite quelqu'un qui connaît réellement la Côte d'Ivoire, où son père commerçant a travaillé de longues années et a traversé de long en large et à travers la côte d'Ivoire dans les camions de marchandises de sn père, et il a la chance de connaître la sous-région Ouest africaine très important.

Alassane Ouattara part aux États-Unis au début des années 1960, avec un passeport Burkinabé, parce qu'il a reçu une bourse de lycée du Ministère du Burkina Faso, où il a fait sa terminale. Il a fait sa terminale à Ouagadougou. Mais Alassane Ouattara est né en Côte d'Ivoire, d'un père Ivoirien et d'une mère Ivoirienne, son père est d'ailleurs chef traditionnel. A cause du découpage des frontières son père se retrouve à Saint Lou en Haute volta où il fait ses études jusqu'au secondaire.

En 1995, Laurent Gbagbo fut mon professeur de politique concrète. Le mouvement estudiantin ivoirien de la La Fesci a reçu une influence de Laurent Gbagbo. Ce dernier est un combattant pour la politique multipartite ivoirienne. Nous pensons que Laurent Gbagbo est animé d'une générosité panafricaine.

Mais il va se passer au cœur du mouvement syndical ivoirien, des évènement assez particuliers. Guillaume Soro se prépare à céder son poste de secrétaire général de la Fesci, et il pense que pour l'élection à venir, il faut proposer à l'Assemblée générale un candidat qui soit capable de rassembler largement. Il pense que ce candidat s’appelle Karamoko Yayoro un des étudiants qui a l'avantage de ne pas être regardé comme un chef de clan, mais qui s'est affirmé comme celui qui pouvait rassembler autour de lui, toute la diversité ivoirienne. Donc, au moment de l'élection Soro pense à çà. Or, Laurent Gbagbo instruit un certain charles blé Goudé, pour s'opposer à ce projet, avec l'argument suivant, si Karamoko Yayoro, proche de Guillaume Soro succède de à Guillaume Soro, je vais perdre le contrôle de la Fesci, parceque ces gens là, sont des Dioula. Laurent Gbagbo instruit Blé Goudé de faire une OPA sur la Fesci sur des bases tribales. Je rapelle que Blé Goudé est de l'ethnie Bété, comme Laurent Gbagbo.

Blé Goudé était un des camarades syndical, un des lieutenants de Guillaume Soro d'ailleurs, qui avait à cette époque là une totale confiance en lui, pour une raison simple que Blé Goudé est quelqu'un de très impulsif qui aime bien s’exhiber, prendre les devants, être dans la lumière, mais en même temps, c'est un grand lâche et çà, on l'a testé. Guillaume Soro pense que ce type là à la tête du syndicalisme ivoirien, va introduire la violence, une brutalité sans nom au cœur de l'université ivoirienne et qu'il ne s'en sortira pas. Blé Goudé s’appelle aujourd'hui d'un triste nom "Blé la Machette, puisque c'est lui qui introduit la machette dans l'université ivoirienne pour régler des comptes avec certains camarades. Bref la rupture entre Guillaume Soro et Laurent Gbagbo, n'a pas lieu lors de la crise post électorale 2010-2011, mais, lorsque laurent Gbagbo a tribalisé la Fesci, au détriment de la vision d'ensemble que Guillaume Soro "Grand Leader" et d'ailleurs le seul des secrétaires généraux de la Fesci qui a été réellement élu. La séparation entre ces deux hommes se fait là. Guillaume Soro va faire ses études de Sciences politiques à Paris, après sa license d'Anglais à Abidjan, et se retire pour un moment, pendant 2 ans de la vie politique ivoirienne.

Moi je suis à l'époque en 1997, professeur à 80 kms à l'intérieur des terres à Sikensi ville de mes premières écritures romanesques. J'enseigne là-bas comme professeur de philosophie et comme préfet des études; et j'y ai le loisir de voir comment la doctrine de l'ivoirité est mise en œuvre par l'administration de Konan-Bédié. Lors de mes fréquents voyages en Bus de Sikensi à Abidjan et vis versa (160kms), les Ivoiriens du Nord facilement reconnaissable à leur gandoura et pour la plupart musulmans; étaient régulièrement descendus du bus, lors des contrôles, et dont on arrache leurs pièces d'Identité confisqué, puis déchiré, parce qu'on leur disait "Coulibaly, çà ne peut pas être Ivoirien". J'ai vu cela pendant 3 ans jusqu'en 2000, au moment de mon départ de Côte d'Ivoire.

Au moment de mon départ de la Côte d'Ivoire, j'assiste à la destruction progressive de l'idéal cosmopolitique mis en place par Félix Houphouët Boigny, et les responsabilité dans cette affaire vont aller en s'aggravant. Bédié a conçu l'Ivoirité, Robert Guéï a tenté de l'instrumentaliser, et c'est Gbagbo qui l'a aggravé.